MOBILITÉ URBAINE ET ÉTALEMENT DANS LE GRAND-NOKOUÉ AU BENIN :

Résumé: La pratique de la mobilité active fait partie intégrante des mesures de réduction des émissions carbones liées aux activités anthropiques. Néanmoins, ces moyens de transport restent peu valorisés dans les villes du Sud souvent sujettes à la périurbanisation. La présente thèse s’est proposée d’identifier les influences de la périurbanisation sur les usages des mobilités actives en se concentrant sur la périphérie de la commune d’Abomey-Calavi au Bénin. Une méthodologie mixte alliant recherche documentaire, recours aux systèmes d’information géographique, collecte de données auprès de divers groupes cibles a été utilisée. Les logiciels tels que Microsoft Excel 365, R-Studio 4.2.1 et ArcGIS 10.4 ont permis le traitement de les données collectées et la réalisation des illustrations graphiques et cartographiques. Le traitement des données issues de cette méthodologie rigoureuse nous a permis d’en arriver aux conclusions que la périurbanisation décourage la marche à pied et ce à travers trois points. Le premier point est l’allongement des distances. L’on remarque en effet que l’extension urbaine incontrôlée allonge les distances entre les domiciles et les lieux d’intérêt de la ville, réduisant la capacité des usagers de moyens de transport actifs à accéder aux infrastructures et services indispensables à leur vie quotidienne. À ce titre, l’espace naturel est passé de 472,42 km² (94,75%) en 1992 à 220,31 km² (44,19%) en 2022, soit une perte équivalente à plus de 50% de la zone d'étude, également, le rapport entre l'utilisation des terres et la croissance de la population (4,25) sur la période étudiée (1992-2022) est largement supérieur au seuil (1), signifiant que l'utilisation des terres est inefficiente dans la zone d’étude. Le deuxième point de constat, lié au premier, est l’accès limité des piétons aux infrastructures en comparaison aux moyens motorisés. En un temps inférieur ou égale à 20 minutes, seulement 38,09% des résidents ont accès à pied aux infrastructures de santé et 41,10% aux infrastructures éducatives si ils utilisent la marche à pied. Le troisième point de constat, est la dégradation de la perception de la marchabilité. Les niveaux de satisfaction des piétons pour chacune des questions varient de 2,66/4 à 1,26/4. L’allongement des distances et la non mise à disposition, des différents territoires nouvellement habités, de services répondant aux besoins affirmés, impactent négativement la perception des usagers sur l’accessibilité, l’attractivité, l’inclusivité, la sécurité, la connectivité et le confort de la pratique de la marche à pied. En définitive, les résultats montrent que les moyens de déplacement actifs sont mobilisés davantage sous l’effet de contraintes subies.
Mots clés : Mobilité, Mobilité active, Étalement urbain, Abomey-Calavi


07 Mai 2026
